

Pour nous distinguer d’une concurrence dont l’atout majeur était le prix, nous avions fait de la qualité notre mot d’ordre : qualité de notre travail, qualité de nos produits, qualité de nos services… Mais il ne suffisait pas de le dire pour être cru : aussi avions-nous décidé de participer au programme lancé, au Togo, en 2004, par l’UEMOA et appuyé par l’ONUDI, afin obtenir notre certification à la norme internationale Iso 9001 : 2000 C’est, depuis juillet, chose faite. Et comment ne pas s’en féliciter ? Nioto est la première des huileries de coton (et de karité ) à obtenir cette reconnaissance. C’est un encouragement à persévérer : en route pour la certification à ISO 22.000 !
L’HISTORIQUE
Soucieuse de donner aux entreprises de la région les moyens d’accéder aux marchés internationaux comme de satisfaire aux exigences croissantes des consommateurs, 1’UEMOA, appuyée par l’Union Européenne et l’Onudi, avait lancé en 2003 un programme pour appuyer la mise en place d’un système de management de la qualité (SMQ), en accompagnant les entreprises sélectionnées jusqu’à la certification aux normes de l’ISO 9001 : 2000.
Au Togo, en 2004, dix candidatures furent retenues. Dont celle de Nioto. Car, face à une concurrence qui faisait du prix son unique argument de vente, Nioto avait choisi de mettre l’accent sur la qualité et sur la sécurité que ses produits garantissaient aux consommateurs. Politique renforcée par la nécessité de convaincre les clients et les donneurs d’ordre étrangers de nous faire confiance… Le programme UEMOA venait à point : Nioto pourrait ainsi faire évaluer de l’extérieur ses pratiques en les formalisant.
TÂTONNEMENTS ET ATERMOIEMENTS
La rédaction de la charte définissant notre Politique Qualité, la désignation d’un comité de pilotage, la nomination comme chef de projet de Mlle d’Almeida lancèrent le processus qui aurait dû se conclure, en décembre 2005, par la présentation à la certification.
Mais, malgré la bonne volonté générale, il fallut bien vite admettre que nous ne pourrions y parvenir : manque de temps, manque de moyens, atermoiements de l’équipe de consultants (l’expert international dispensait chichement ses aides et les “experts” nationaux n’avaient d’autre expertise que celles qu’ils acquéraient au fur et à mesure de l’avancement des projets), hésitations sur la “géographie” de la certification… Ajoutons que les membres du comité de pilotage, au fil du temps, conduisaient moins qu’ils n’auraient dû leurs travaux respectifs et que le secrétariat, comme trop souvent débordé, ne suivait pas…
UN CHRONOGRAMME PLUS RÉALISTE
Aussi, devant l’ampleur de la tâche restant à accomplir, Nioto décidait d’abandonner le programme UEMOA et de se fixer sa propre feuille de route. Pas question, bien sûr, de renoncer à la certification mais à notre rythme et avec nos moyens. En se fixant un objectif à la fois ambitieux et raisonnable ; ambitieux dans le fond : obtenir la certification pour l’ensemble des activités ; raisonnable dans le temps : être prêt pour un audit à blanc en milieu d’année 2006 et obtenir la certification dans le courant du second semestre.
Le comité de pilotage fût remodelé en incluant l’ensemble des pilotes de processus et pour assurer le fonctionnement quotidien du système, un assistant au chef du service Qualité fut recruté.
DÉCRIRE NOS MANIÈRES D’AGIR
On le sait, la norme Iso 9001 n’est rien d’autre que l’engagement de faire ce que nous disons faire ! Elle exige donc, d’abord et avant tout, de formaliser des pratiques : ce fut donc pour nous l’occasion de transcrire procédures, instructions, modes opératoires. Effort qui imposait la participation de l’ensemble du personnel, de l’aide conducteur au directeur général… ; ce fut d’ailleurs aussi l’occasion de réviser nombre de nos coutumes et d’établir de meilleurs contrôles, d’instaurer dans tous les ateliers la pratique des listes d’actions, de développer les systèmes de prévention… L’ensemble des processus a été décrit ; plus de sept cents documents (notes de procédures, instructions, modes opératoires) ont été rédigés par les différents responsables, analysés par le comité de pilotage, revus par la Direction générale, approuvés et mis en œuvre. Le suivi de leur application a permis de corriger les défauts de jeunesse du système et de mieux définir les enregistrements.
DES APPUIS DÉCISIFS
Ce sont ceux que nous ont apportés Mlle Doucouré, stagiaire venue de Franche Comté et M. Kossa, expert ivoirien. La première a largement contribué à fixer nos procédures normes et notre manuel Qualité ; le second a formé nos “auditeurs internes” et mené l’audit à blanc de l’entreprise, constatant l’adéquation de notre SMQ aux normes et un « début prometteur de mise en œuvre. » La revue de Direction, en mars 2007, évalua l’efficacité de l’organisation, le degré d’application du SMQ, son appropriation par le personnel, la cohérence des actions avec les objectifs fixés.
AVRIL 2007, LA CONFIRMATION
Restait à subir le test officiel de certification, mené du 18 au 20 avril par une équipe de la SGS et à l’issue duquel Nioto devient la première des huileries de coton (et de karité) de l’Afrique de l’ouest à obtenir le certificat ISO 9001/2000…
ET MAINTENANT ?
Nous sommes certes fiers de cette certification mais nous savons qu’il nous faut la mériter au jour le jour et contrôler en permanence l’application de nos procédures, les améliorer chaque fois que nécessaire..
Mais il nous faut aussi aller de l’avant : désormais, notre objectif est la norme ISO 22.000 qui régit les industries agroalimentaires, incluant le HACCP et la traçabilité, points sur lesquels nous avons déjà travaillé et que nous devrions maîtriser dès 2008. Nous serons alors dans les normes internationales, ambition qui devrait être celle de toute industrie soucieuse de son avenir… G. Orsoni
Les étudiants des écoles EIER - ETSHER de Ouagadougou à Nioto